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Qu’est ce que l’essaimage ?


Les guêpes et les bourdons pour ne citer que ces deux groupes d’Hyménoptères, débutent la colonie par un unique individu, la reine. C’est cette femelle qui seule, va passer un hiver caché sous un tas de bois ou dans un terrier, puis partira à la recherche d’un site pour y fonder son nid. Elle se nourrira seule et s’occupera aussi de ses larves. Ce n’est que par la suite qu’elle sera assistée par les premières ouvrières. Et qu’elle se concentrera sur son travail de génitrice. Chez ces insectes là, il n’est pas question d’essaimage.

Car l’essaimage est le propre des abeilles sociales qui vivent en colonie, et plus particulièrement celles du genre Apis. Notre abeille mellifère est donc concernée par l’essaimage. Et cet article va en donner une explication.

Qu’est ce qu’un essaim ?

L’essaimage est le mode de multiplication des colonies d’abeilles. Une reine abeille est incapable – contrairement à une reine de guêpe ou de bourdon – de survivre seule. Elle doit être continuellement nourrie par les ouvrières. Elle n’est pas capable de produire des rayons de cire, et elle est encore moins apte à récolter du pollen pour nourrir le couvain et du nectar pour produire du miel. Une reine est seulement capable de pondre. Et c’est déjà bien suffisant, quand on sait qu’elle va pondre entre 1000 et 2000 oeufs par jour durant la période de plein activité de la colonie.

L’essaim quitte la ruche lorsque la place n’est plus suffisante pour recevoir tous les membres de la colonie. Dans une telle situation, les phéromones de la reine ne touchent plus tous les individus, et certaines ouvrières commencent à bâtir des cellules royales, pour élever une nouvelle génération de reines.

L’essaim va d’abord se poser à quelques mètres ou quelques dizaines de mètres de la colonie mère. Il va constituer une grappe de milliers d’abeilles, toutes serrées autour de la reine. L’essaim va occuper cette place pendant quelques heures ou quelques jours. Le temps nécessaire afin que des éclaireuses trouvent un site accueillant pour y installer leur futur nid.

Dans la nature, les abeilles apprécient les cavités dans les arbres et les anfractuosités rocheuses des falaises. Mais avec la présence humaine et l’urbanisation, elles n’hésitent pas à investir le conduit d’une cheminée ou à se glisser derrières des volets fermés.

Les éclaireuses ont pour beaucoup étaient des butineuses. Elles ont donc exploré les environs de leur ancien nid, dans un rayon de plusieurs kilomètres et elles ont gardé en mémoire des lieux propices.

De retour à l’essaim, et si elles ont trouvé un site intéressant, les éclaireuses exécutent une danse pour communiquer aux autres abeilles où celui-ci se trouve. Le site qui ralliera le plus d’abeilles provoquera le mouvement de tout l’essaim. Un nouveau nid peut être fondé.

Les abeilles devront bâtir des rayons de cire et former des milliers d’alvéoles. Et après quelques jours, la reine pourra reprendre sa ponte. Les membres de la jeune colonie pourront alors vaquer à des occupations courantes comme l’élevage du couvain, la ventilation du nid, le butinage des plantes mellifères et la fabrication du miel.

Pendant ce temps, au sein de la colonie mère, les jeunes reines vont bientôt sortir de leur cellule royale. D’autres essaimages peuvent se produire. Il n’est pas rare qu’à l’essaim primaire ne s’ajoute un essaim secondaire, puis un tertiaire.

La surpopulation d’une ruche est l’un des facteurs qui va déclencher l’essaimage. Source photographique : Pixabay

Cette tendance à l’essaimage est variable en fonction des lignées et des sous-espèces d’abeilles. Par exemple, l’abeille carniolienne est connue des apiculteurs pour essaimer fréquemment. Chez l’abeille noire, les population du sud de son aire de répartition sont essaimeuses. C’est le cas notamment de l’abeille noire de Corse. Alors que les colonies celles qui vivent dans le nord de l’Europe n’essaiment pas tous les ans. Il faut dire que l’essaimage demande des réserves de miel conséquentes et en la matière les abeilles noires méridionales ont plus de facilités pour reconstituer leurs provisions. Elles peuvent butiner tard en saison et les hivers ne sont pas trop rigoureux.

A chaque essaimage, une reine quitte les lieux avec une cohorte d’abeilles. Mais les abeilles vierges devront s’accoupler avec des faux-bourdons durant un vol nuptial. Car pour le moment seule l’ancienne reine – qui a quitté les lieux avec l’essaim primaire – est féconde et apte à pondre rapidement.

L’essaimage permet de minimiser les risques pour les jeunes reines. En effet, elles bénéficient de la protection des autres abeilles et ne se retrouvent jamais seule dans la nature, sauf au cours du vol nuptial. Par contre l’essaimage n’est pas une garantie de survie, car seulement un quart survivra au prochain hiver. Les ravageurs exotiques comme le varroa et le frelon asiatique ne facilitent pas la vie des abeilles, et il est clair qu’Apis mellifera a besoin des apiculteurs pour ne pas perdre de terrain.

Qu’en pense l’apiculteur ?

Il y a bien entendu de nombreux styles d’apiculture. Mais classiquement, voici ce qu’un apiculteur pourrait vous dire à propos de l’essaimage.

Trouver un essaim est une bonne nouvelle pour un apiculteur. Et c’est bien pour cela que la plupart n’hésiteront pas à venir – gratuitement – chercher un essaim posé dans le d’un particulier. Les essaims sont de futures colonies et c’est aussi un cadeau tombé du ciel pour l’apiculteur qu’il soit exploitant ou amateur. Mais il faut faire vite, car l’apiculteur n’a que peu de temps pour récupérer ce paquet d’abeilles. Car, les éclaireuses sont à la recherche d’un gîte et le départ des abeilles pour leur futur gîte est imminent.

Par contre, les apiculteurs redoutent la période de l’essaimage lorsqu’il s’agit de leur propre rucher. Car en essaimant, une partie de la colonie – le tiers ou la moitié des abeilles – quitte la ruche avec l’ancienne reine et une grande quantité de miel.

Pour éviter un essaimage, l’apiculteur devra alors surveiller régulièrement la construction des cellules royales et se charger de les détruire. Au printemps et en été, une visite chaque semaine est conseillée. Il devra aussi pratiquer la division des ruches trop populeuses qui sont en fièvre d’essaimage. C’est aussi comme cela qu’il augmente le nombre de ses colonie, et fait face aux pertes hivernages qui peuvent être certaines années très importantes.

C’est une double perte, car l’ancienne reine peut avoir une génétique intéressante que l’apiculteur souhaiterait conserver le maximum de temps. En effet, les filles de cette reine qui s’accoupleront avec des mâles “sauvages” perdront sans doute certaines de ses qualités appréciées (tenue au cadre, douceur,…).

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